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 Le gui

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Lailoken

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Masculin Messages : 133
Date d'inscription : 27/02/2015
Localisation : Sud de Toulouse

MessageSujet: Le gui   Sam 21 Mar - 19:44

Le Gui
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Botanique :

Le gui est une plante qui ne pousse uniquement que sur les branches des arbres desquels il puisse eau et minéraux. N'étant pas entièrement dépendant de son hôte puisqu'il est capable de sa propre photosynthèse on le dit hémiparasite. A feuillage persistant on remarque facilement l’hiver venu la boule verte qu'il forme sur les arbres dénudés par l'automne. Très délicat sur le choix de son perchoir le gui ne s'établit principalement que sur quelques essences telles que le pommier, peuplier, robinier (« acacia »), tremble, tilleul. En revanche il se fait rare sur les charmes, ormes, frênes et encore plus sur les chênes ce qui en fait sa grande importance.
Son mode de dissémination se fait par quelques espèces d'oiseaux seulement mais principalement par la grive qui supporte très bien l'ingestion du fruit. La pulpe de celui-ci étant particulièrement visqueuse il va alors rester collé à la branche où il aura été déféqué par l'oiseau. La graine qui y est contenue va germer et tenter de percer l'écorce pour se nourrir de la sève. Si elle n'y arrive pas la plante ne se développera pas, ce qui explique en grande partie pourquoi on ne la trouve que sur certaines variétés d'arbres qui lui sont plus facile à pénétrer.
Le gui fleurit de mars-avril et présentes des pieds mâles et femelles. Les fruits sont vert durant l'été et n’obtiennent leur maturité qu'en décembre autour du solstice en prenant une couleur blanche caractéristique. Seul fruit ayant cette couleur de toute la flore européenne.
Bien que créant sa propre photosynthèse le gui ne cherche pas à s'orienter vers le soleil et peut même pousser à l'envers sur la branche.

Propriété médicinale et toxicité :

De toxique la plante n'a réellement que le fruit, tout le reste est inoffensif si on n'en broute pas des brouettes entières.

Ses principales propriétés sont d'être un très bon hypotenseur, vasodilatateur, antiépileptique, diurétique.

Son usage pour les traitements des cancers et des tumeurs démontre une réelle efficacité et est déjà employé dans certain cas et pays. Il permet également d'améliorer considérablement la vie des patients notamment lors des chimiothérapies. Malheureusement les études manques pour connaître pleinement les vertus du gui en la matière.

Histoire, mythologie et symbolique :

Nous associons tous le gui aux druides, pourtant aucune source directe et certaine nous est parvenue du monde Celte antique, tout ce que nous connaissons nous a été transmit par les auteurs classiques dont le texte le plus célèbre est celui de Pline l'Ancien :

"Il ne faut pas oublier à propos du gui l’admiration que les Gaulois ont pour cette plante. Les druides, car c’est ainsi qu’ils appellent leurs mages, n'ont rien de plus sacré que le gui et l’arbre qui le porte, supposant toujours que cet arbre est un chêne. Le chêne est déjà par lui-même l’arbre dont ils font les bois sacrés ; ils n’accomplissent aucune cérémonie religieuse sans le feuillage de cet arbre, à tel point qu’on peut supposer au nom du druide une étymologie grecque. Tout gui venant sur le chêne est regardé comme envoyé du ciel ; ils pensent que c’est un signe de l’élection que le dieu même a faite à l’arbre. Il est rare de trouver ainsi le gui, et, quand on le trouve, on le cueille dans une grande cérémonie religieuse, le sixième jour de la lune, car c'est par cet astre que les Gaulois règlent leurs mois et leur années, de même que leurs siècles de trente ans. On choisit ce jour parce que la lune y a déjà une force considérable sans être cependant au milieu de sa course. Ils appellent le gui d'un nom qui signifie "celui qui guérit tout". Après avoir préparé rituellement un sacrifice et un festin sous l'arbre, on amène deux taureaux blancs dont les cornes sont liées pour la première fois. Vêtu d'une robe blanche, le prêtre monte à l'arbre, coupe avec une faucille d'or le gui qui est recueilli dans un linge blanc. Ils immolent alors les victimes en priant la divinité de rendre ce sacrifice profitable à ceux pour qui il est offert. Ils croient que le gui, pris e boisson, donne la fécondité aux animaux stériles et constitue un remède contre tout les poisons. Tel est le comportement religieux d'un grand nombre de peuples à l'égard de choses insignifiantes". (Histoire Naturelle XVI, 249)

Qu'est-ce qui fait donc de ce gui une plante si sacrée ? Pour commencer celui-ci pousse en l'air et est disséminé par voie aérienne grâce aux oiseaux, jamais il ne touche terre. Cette particularité fait qu'il vient du ciel, d'en haut. Indifférent à l’attrait du soleil et à la pesanteur il se veut hors l'espace, hors le temps. De plus le gui n'a pas d'égal, aucune plante ne lui est semblable ce qui confirme sa provenance de l'Autre-Monde.
Lorsque le chêne qui se révèle être le support végétal du divin alliant force et savoir devint l'hôte du gui celui-ci est ainsi comme désigné par la divinité. Il est le plus sacré d'entre tous.
Le gui en particulier se nourrissant de la sève du chêne se gorge de son essence divine pour la condenser en lui et en devenir la quintessence. Son pourvoir est alors tel qu'il est capable de tout guérir. Le nom gaulois perdu dont Pline propose comme traduction latine omnia sanantem, [qui] guérit tout, se retrouve d'ailleurs avec des tournures équivalentes dans les langues néo-celtique.

Concernant sa cueillette elle est sujette à toute une ritualisation.

Celle que décrit Pline se déroule pendant, ou, est adjointe à une cérémonie d'intronisation royale marquée par le sacrifice des taureaux. Il ne s'agit pas là d'une condition à sa cueillette mais marque néanmoins sa grande importance puisque elle y est associée.
Quand à la date donnée on ne peut que la placer au début de novembre par référence implicite à Samain.

Nous savons aussi que le gui ne doit pas être coupé avec un tranchant en fer car ce métal est censé chasser les esprits et ôterait ainsi les propriétés magiques de la plante. En revanche d'un point de vue pratique oubliez la faucille d'or, c'est un métal trop mou, vous n'arriverez jamais à couper quoi que ce soit avec. Par contre cet outil improbable est symboliquement très intéressant. La faucille a la forme d'un croissant de lune et l'or est éminemment solaire.
Il est très important lors de la cueillette, et tout le temps après elle en fait, de ne jamais mettre en contact le gui avec le sol car, alors, on risque de le désacraliser en lui faisant perdre son caractère aérien.
On peut également constater la récurrence de la couleur blanche. La robe des druides, le drap blanc, les taureaux blanc, les baies du gui à maturités sont blanches. C'est la couleur de la pureté et du sacrée voire de l'autre monde surtout quand elle est associée au rouge.

Pour les Celtes la valeur médicinale de la plante dépasse donc la simple pharmacologie, autrement dit le plan matériel, puisque ses effets sont principalement magico-religieux grâce à sa provenance de l'Autre-Monde. Ainsi on le trouvait souvent porté en temps que talisman. Et, dans le cas du gui de chêne, son action thérapeutique est d'autant plus efficace qu'il met en relation directe, le dieu et le malade.

L'un des mythes les plus importants rattachés au gui nous viens du monde germanique et plus spécifiquement des hommes du nord en la matière de la mort de Baldr.

Baldr, fils d'Odin et de Frigg, est brillant de lumière et de bonté, il est aimé de tous. Celui-ci en vient à avoir des rêves sur sa propre mort. Les Ases terrifiés qu'une telle chose puisse se produire se rassemblèrent pour tenter d'empêcher ce sort funeste et demandèrent à Frigg de le prémunir de tout péril. Elle alla donc de par le monde faire jurer à tout les minéraux, végétaux et animaux qu'ils ne feraient jamais de mal à Baldr :

Frigg reçoit le serment que Baldr serait épargné par le feu et l'eau, le fer et toutes les espèces de métaux, les pierres, la terre, le bois, les maladies, les quadrupèdes, les oiseaux, les poissons et les serpents. (Gylfaginning, Snorri Sturlusson, chap. 49)


Rendu ainsi invincibles les Ases organisèrent une petite sauterie afin de le célébrer l'événement. Par jeux ceux-ci s'amusèrent alors à jeter un peu tout et n'importe quoi sur Baldr pour tester son invulnérabilité. Effectivement rien ne l'atteignait.
A la vue de ce spectacle Loki ne pu s’empêcher d'éprouver du ressentiment et prépara comme à son habitude un mauvais coup. Il se déguisa en vielle femme et apprit de Frigg qu'une misérable plante, le gui, n'a pas prêté serment à cause de sa jeunesse et son aspect inoffensif. Loki alors s'en va le trouver et en coupe une tige pour revenir à l'aire de jeu. Là, il rencontre le frère de Baldr, Hödr l'aveugle.

Hödr se tenait là en arrière du cercle formé par les Ases, parce qu'il était aveugle. Loki s'adressa à lui : Pourquoi ne lances-tu pas de traits contre Baldr ? Il répondit : Parce que je ne vois pas où est Baldr, et aussi parce que je suis sans arme. Loki dit alors : Suis donc l'exemple des autres Ases et, comme eux, fais honneur à Baldr. Je t'indiquerai où il se trouve. Lance ce rameau contre lui.
Hödr prit la pousse de gui et, guidé par Loki, la lança contre Baldr. Le trait le traversa, et il tomba mort à terre. (Gylfaginning, Snorri Sturlusson, chap. 49)


Cet événement tragique va conduire peu à peu le monde à sa perte jusqu'à l'avènement du Ragnarök. Mais que l'on se rassure Baldr ressuscitera après et présidera à la régénération universelle.

Baldr est par excellence le Dieu solaire, le chêne lui est dédié.

Le Dieu chêne Baldr est immortel. Il ne craint ni le feu, ni l'eau, ni le fer. Il faut lui arracher le gui, son essence, et après quoi l'en tuer. Le gui coupé est le signe de la mort du chêne, et en tant qu'arme, sa mort elle même.
Dans le mythe le gui entraîne la mort, oui, mais une mort inévitable. Il est l’instrument du destin. Et cette mort est nécessaire pour que le monde puisse s’effondrer et renaître.

Le monde gréco-romain ne fait que très peu référence au gui mais on le retrouve pourtant quand ses feuilles prennent leur couleur jaune dorée sous l’appellation de « rameau d'or ».
En effet Virgile place un tel rameau d'or dans la main d’Énée pour la descente aux Enfers :

Un rameau, dont la souple baguette et les feuilles d'or, se cache dans un arbre touffu, consacré à la Junon infernale. Tout un bouquet de bois le protège, et l'obscur vallon l'enveloppe de son ombre. Mais il est impossible de pénétrer sous les profondeurs de la terre avant d'avoir détaché de l'arbre la branche au feuillage d'or... Énée, guidé par deux colombes, se met à la recherche de l'arbre au rameau d'or dans les grands bois et soudain le découvre dans des gorges profondes. (Enéide, chant VI 01, trad de A.Bellesort)


Brandit tel un flambeau on lui confère donc la capacité d'ouvrir le monde souterrain, d'éloigner les démons et de préserver l'âme du courageux. Le gui est une lumière qui apporte force, sagesse et connaissance.

Autrement le gui est symbole d'immortalité et de vigueur ou de régénération puisque toujours vert.

A la fois solaire et lunaire, féminin et masculin, pourvoyant à la vie comme à la mort le gui se révèle être multi-symbole.

La rune qui est associé au gui est Sowilo.


Folklore et traditions:

« Au gui l'an neuf ! » Cette expression proclamée lors du passage à la nouvelle année viendrait d'une déformation de la formule "o ghel an heu", que l'on traduit part "que le blé germe". Cette phrase aurait été celle que prononcaient les druides lors de la cueillette du gui.

Le baiser sous le gui. Lors de la période des fêtes il est de coutume de s'embrasser sous du gui accroché généralement à l'entrée des maisons. Cela apporterait joie et prospérité pour l'année à venir et des promesses de mariage aux célibataires. L'origine de cette pratique est plutôt flou ou du moins multiple. Dans la Grèce antique durant les saturnales une jeune femme se trouvant sous du gui ne pouvait refuser un baiser. Également dans une des versions de la mort de Baldr celui-ci est ressuscité (avant le Ragnarok) et Frigg par gratitude voulu restaurer la réputation du gui en en faisant un symbole de paix et d'amour en promettant une baiser à tout ceux qui passe sous lui. Il y a également une légende au pays de Galle où les trois filles du roi Gwydyr embrassent leur fiancé de chevalier partant à la guerre sous un chêne plein de gui.

Certaines traditions imposent pour la cueillette du gui de le trancher avec une flèche (voire même un coup de fusil) quand la lune, ou le soleil c'est selon, était dans le sagittaire.

Une croyance voulait que le gui pousse là où la foudre avait frappé l'arbre. De fait on l'accrochait à l'intérieur des maisons pour prévenir la foudre et les incendies. Issus de la foudre le gui en est le remède.

Il serait trop long d'exposer toute les vertus que l'on porte au gui à travers les différentes traditions mais l'on peut noter principalement sa capacité à protéger de la maladie, du poison, du mauvais œil et de la sorcellerie. Il permet aussi d'assurer la fertilité pour les femmes et même le bétail (l'aspect de la chair du fruit rappelant le sperme doit y être pour quelque chose). Il serait encore un excellant moyen de se  prémunir contre l’épilepsie.

Usages divers :

Ses fruits servent à la confection d'une colle, une glu, après ébullition. On s'en servait également en tant que fourrage pour favoriser la lactation.

Sources :
Les ouvrages de F. Le Roux et C. J. Guyonvarc'h.
Dictionnaire des symboles, J. Chevalier et A. Gheerbrant
Dictionnaire de la Mythologie et de la Religion Celtiques, P. Jouët
Infos diverses étudiées et recoupées sur le net.


Dernière édition par Lailoken le Jeu 26 Mar - 13:35, édité 2 fois
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Inalys

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MessageSujet: Re: Le gui   Jeu 26 Mar - 11:28

Super intéressant ! Shocked
Je me coucherais vraiment moins bête ce soir  ^^
Mouais à coté mes articles sont vraiment peu riche Razz
Merci beaucoup pour ton partage Lailoken Very Happy


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