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 La Völva, et le Godi

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Veigsidhe Karvgwenn

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MessageSujet: La Völva, et le Godi   Mer 17 Aoû - 23:30

Völva, et  Godi (Sorcière et Druide)



Les anciens Vikings appelaient völva, et les Germains vala ou wala en vieux haut allemand. Les termes seiðkona, spákona en norrois, spaewife ou wicce (terme générique pour sorcière) en vieil anglais sont utilisés pour les femmes pratiquant ou moins l'une des magies nordiques. Elles sont des personnages récurrents de la mythologie germanique.

Le mot « völva » viendrait de vǫlr, quenouille. Ce mot est à rapprocher du proto-germanique *walwōn, qui donnera wand en anglais. La völva (masculin völvo, pluriel völur) serait donc une porteuse de quenouille.

Les völur, entre autres disciplines ésotériques traditionnelles, pratiquaient le seydr (enchantement), le spá (prophétie) et le galdr (magie runique, chamanisme). Dans ce cas, ils/elles étaient appelé(e)s fjölkunnig, ceux dont le savoir (kunne) est entier ou plein (fjol).

Pour ceux qui pratiquent que le spá, on parle de spákona ou spækona, c'est un vocable vieux norrois désignant une femme qui s'adonne à la prophétie ou à la prédiction de l'avenir. En vieil anglais, on parle aussi de spæwīfe.

Ce mot viendrait du proto-germanique *spah- et une racine proto-indo-européenn *(s)peḱ (regarder, observer, voir) et par conséquent lié au latin specio (« (je) vois ») et au sanskrit spáçati et páçyati (« (il/elle) voit », etc.). Les hommes pratiquant cette dernière discipline étaient appelés spámaðr. De même pour le seiðr, on parle de seiðkona (femme) ou seiðmaðr (homme).

Selon la mythologie et les récits historiques, les völur étaient censées posséder des pouvoirs tels qu'Odin lui-même, le père des dieux, faisait appel à leurs services pour connaître l'avenir des dieux : c'est notamment ce que rapporte la Völuspá, dont le titre lui-même, « völv-s-spá », se traduit par « chant de la prophétesse ».

La quenouille est appelé seiðstafr, « bâton de seydr » (baguette magique en somme). C'est l'un des attributs de Freyja et un outil de la völva.

On a tendance à utiliser le féminin völvas quand on parle de völur, car cet art était, depuis l'arrivée du christianisme, essentiellement pratiqué par les femmes, même s'il y avaient des hommes et femmes qui pratiquaient au moins une de ces arts jusqu'au XIe siècle.

En effet avec l'arrivée du christianisme, les hommes qui pratiquaient la sorcellerie ou la magie ne bénéficiaient pas du même respect, parce qu'ils auraient eu un comportement efféminé. La pratique était depuis lors réservée aux femmes. Le spá, en particulier, fut interdit dès le début du christianisme aux hommes car il exigeait en principe l’ergi (la féminité ou plutôt la non-masculinité). Avec l'arrivée des valeurs chrétiennes, même pour les païens le fait de pratiquer le seiðr ou le spá était considéré comme peu viril voire déshonorant. Plusieurs sagas et écrits attestent de ce sexisme.

On peut lire par exemple dans le Vatnsdœla saga :

«  Illa bíta þig vopnin Hrolleifur og alls konar er þér illa farið, bæði fjölkunnigur og þó að öðru illa siðaður.

Que les armes te mordent durement Hrolleif, tous tes agissements sont honteux, fjölkunnigur tu es et déchéance. »

— Vatnsdœla saga Chap. 19

En fait, la justification avec l'assimilation à la féminité peut être trouvé dans la Saga des Ynglingar, où Snorri Sturluson explique que la pratique du seiðr rend faible et vulnérable, donc peu viril. Avec l'arrivée du christianisme, on y ajoute même une connotation homosexuelle (voir Ergi).

Les hommes qui s'occupent de la « sorcellerie nordique » ne sont pas punis de la même façon une fois le christianisme installé. La femme est brûlée comme sorcière, mais les hommes sont traités comme des bêtes et souvent torturés à mort car ils s'occupaient du « domaine des femmes ».

Dans la Saga d'Erik le Rouge, le personnage Ragnvaldr Rettilbein, un fils d'Harald à la Belle Chevelure, vit chez la Saami Snöfrid, il est seiðmaðr. Le roi le fit immoler par le feu dans une hutte avec quatre-vingts de ses compagnons à cause de cela.

Dans ses Commentaires sur la Guerre des Gaules, Jules César, à propos de la lutte contre le chef germain Arioviste (58 av. J.-C.), écrit ceci :

« Lorsque César demanda aux prisonniers pourquoi Arioviste n’avait pas livré un combat à outrance, il apprit que la raison en était la suivante : c’était chez les Germains une coutume que les mères de famille décident, après avoir consulté les signes et rendu les oracles, s’il convenait ou non d'engager un combat ; or elles disaient que le destin ne permettrait pas aux Germains de vaincre, s’ils engageaient le combat avant la nouvelle lune. »

— Commentaires sur la Guerre des Gaules, livre 1, ch. 50

Les écrits de Tacite (Ier et IIe siècles ap. J.-C.) :

Les premières mentions de ces prophétesses germaniques nous viennent des historiens latins évoquant l'exode des Cimbres : sous la plume de Tacite, ces « prêtresses » sont des femmes âgées ; elles sont vêtues de blanc. Elles immolent les prisonniers de guerre et consacrent le sang versé (cérémonie dite Blót), fluide indispensable à la divination.

Tacite décrit également les prophétesses des Germains dans ses Histoires (livre 4, chap. 61), et notamment une certaine Veléda : « […] usage ancien chez eux, les Germains attribuaient le don de prophétie aux femmes, et même, la superstition se développant, un statut divin. »

Jordanès fait au VIe siècle état dans ses Gétiques (XXIV:121) de völvas Gothes appelées Aliorumnas. Elles furent exilées sur ordre du roi Filimer, lorsque les Goths se sédentarisèrent à Ojum (Ukraine). Ce nom est sans doute une corruption du gotique Halju-runnos, c'est-à-direcatabantes ou « celles qui descendent aux Enfers » (allusion aux transes des chamans). Ces völvas trouvèrent refuge chez les Huns.

Paul Diacre décrit au VIIIe siècle comment, pendant une guerre entre Vandales et Lombards, les Vandales s'adressent à Odin (Godan) pour obtenir la victoire. La mère, Gambara, des deux chefs de clan Lombards, Ibor et Aio, s'adresse par contre à Frea (Freyja/Frigg). Alors Frea, grâce aux bonnes relations qu'entretiennent la déesse et sa Völva, aida Gambara à tromper Odin et c'est ainsi que son peuple gagna la guerre.

Une description détaillée d'un sacrifice humain par une völva est due au diplomate arabe Ahmad ibn Fadlan qui raconte une de ses missions auprès des Bulgares de la Volga en 921 : au cours des funérailles d'un chef varègue, une esclave se sacrifie pour être inhumée avec son maître. Après dix jours de festivités, elle est poignardée par une prêtresse (le diplomate arabe l'appelle Ange de la mort) puis son corps est incinéré avec celui de son maître dans un navire.

Dans le Landnámabók, on mentionne une Völva nommée Þuríðr Sundafyllir qui remplit un fjord de poisson pour contrer une famine. Cela est considéré comme un fait historique dans le Landnámabók.

On a retrouvé une quarantaine de tombes contenant des quenouilles. Cela n'indique pas forcément des tombes de Völur, mais certaines de ces tombes méritent d'être mentionnées.

C'est l'une des tombes les plus riches connues dans cette région. C'est une tombe à char contenant un corps féminin. Outre les bijoux d'orteils et la boucle de ceinture de Gotland on a trouvé dans la tombe des objets finnois et russes. À ses pieds se trouvait une boite avec une pelote de réjection d'un hibou, des ossements divers de petits mammifères et d'oiseaux et un sachet de graines de la jusquiame noire. Quand ces graines sont jetées dans un feu elles produisent une fumée hallucinogène qui donne l'impression de voler.

Une amulette d'argent trouvée dans la tombe semble confirmer sa position de völva. L'amulette est en forme de chaise taillée dans un tronc et fait probablement référence à la plate-forme utilisée pour le seiðr sur laquelle la völva faisait ses rituels ou elle peut aussi faire référence au Hlidskjálf ; le trône depuis lequel Odin regardait le monde.

Cette façon somptueuse d'enterrement a été utilisée pour deux tombes. Toutes les deux étaient occupées par des corps féminins. Dans la première tombe, on a trouvé une quenouille en bois. Dans la seconde, 4 graines d'une plante de cannabis, plante qui a probablement été utilisée pour remplir les coussins qui soutenaient le corps, et des graines de chanvre dans une petite pochette en cuir.

On y a trouvé une couteau en os sur lequel on a gravé en écriture runique « linalaujaR », c'est-à-dire lin, alau (alu, « bendiction » ?) auja (aire sacré) et laujar(Laukr, « herbe sacré, liliacée » ?) Le lin et le laukR sont liés à la divination.

Cette tombe date de l'âge du fer. La femme qui y est enterrée ne fut pas seulement ensevelie avec une quenouille, mais aussi avec ses chevaux et son char. Elle fut enterrée sous 6 mètres de feuilles de roses blanches et des bijoux à breloques en or et argent. Une des pendentifs est particulière, il représente une dame avec un grand collier. Ce type de collier fut surtout porté par des dames de haut rang à cette époque. On a tendance a l'interpréter comme Brísingamen. Le personnage représenté pourrait symboliser Freyja, déesse des Völvur.

À Birka, on a trouvé une tombe mixte dont on pense que l'une des corps est une Völva et l'autre celui d'un Chef de Guerre. Par-dessus les deux corps était mise une lance pour dédier les deux corps à Odin. La femme a été enterrée avec sa quenouille et donc dédiée à Freyja.

Dans la société scandinave ancienne, la völva était une femme âgée ayant rompu avec les pesantes attaches familiales qui étaient le lot des femmes dans cette civilisation clanique. Elle errait à travers le pays, suivie traditionnellement d'un aréopage de jeunes gens. On faisait appel à ses services dans les situations graves. Son autorité était absolue et elle était largement rémunérée pour ses services.

Parmi les plus célèbres völvas de la littérature scandinave, il y a lieu de citer la Heidi de la Völuspá et la sorcière Gróa (Croissance) du lai de Svipdag(Svipdagsmál). Dans l’Hyndluljóð, la déesse Freyja (déesse des Völur) rencontre la Völva Hyndla et elles vont ensemble au Walhalla. Néanmoins, d'autres sagas mentionnent des Völvi dont Þórbjörgr dans le Saga d'Eric le Rouge et Huld dans l’Ynglinga saga.

Dans Baldrs draumar, on consulte une Völva (morte) (Hel ou Garmr ?) pour expliquer le rève de Baldr.

Le Galdr et le Spà finiront le jour du Ragnarök.

Dans le roman ancien anglais Beowulf, les femmes sont appelées « tisseuses de paix » (freothuwebbe ou fríÞwebbe), c'est probablement une allusion cette capacité des sorcières d’arrêter les armées déjà mentionnée, mais aussi comme femmes mariés qui tissent les liens entre familles. Le collier appelé Brosinga mene' (une version du Brísingamen, symbole de Freyja) est donné par la reine Wealhþeow à Beowulf pour avoir tué Grendel. La reine est donc celle qui possède le collier et, en tant que tel, agit donc bien comme Völva.

Les tisseuses de paix sont aussi appelées les Normes dans la mythologie scandinave.

Une description très macabre du travail de tisseuses de paix, mais dans leur rôle de tisseuses de guerre, est donnée dans le Darraðarljóð qui se trouve vers la fin de la Saga de Njáll le Brûlé (XIe siècle). Elles préparent la bataille de Clontarf.

Dörrud vint à la maison, et regarda par une fente qui était là. Il vit que c'étaient des femmes qui étaient dedans, auprès d'un métier à tisser. Ce métier avait des têtes d'hommes en guise de poids, et des boyaux humains, pour trame et pour fil. Les montants du métier étaient des épées, et les navettes, des flèches. Et les femmes chantaient :

« Voyez, notre trame est tendue pour les guerriers qui vont tomber. Nos fils sont comme une nuée d'où il pleut du sang. Nos trames grisâtres sont tendues comme des javelots qu'on lance ; nous, les amies d'Odin le tueur d'hommes, nous y ferons passer un fil rouge.

« Notre trame est faite de boyaux humains, et nos poids sont des têtes d'hommes. Des lances arrosées de sang forment notre métier, nos navettes sont des flèches, et nous tissons avec des épées la toile des combats.

« Voici Hild qui vient pour tisser, et Hjörthrimul, Sangrid et Svipul ; comme leur métier va résonner quand les épées seront tirées ! Les boucliers craqueront, et l'arme qui brise les casques entrera en danse.

« Tissons, tissons la toile des combats. Tissons-la pour le jeune roi. Nous irons de l'avant, et nous entrerons dans la mêlée quand viendront nos amis, pour frapper de grands coups.

« Tissons, tissons la toile des combats. Combattons aux côtés du roi. Les guerriers verront des boucliers sanglants, quand Gunn et Göndul viendront pour le protéger.

« Tissons, tissons la toile des combats, là où flotte la bannière des braves. N'épargnons la vie de personne ; les Valkyres ont le droit de choisir leurs morts.

Dans certains textes, la Völva est supposée descendre directement (comme être humain) des anciennes entités du Jötun, comme les dieux. Par exemple, Heiðr est, selon le Völuspá hin skamma, un enfant du Jötun Hrímnir. On peut y lire aussi dans le Hyndluljóð :

Eru völur allar

frá Viðolfi,

vitkar allir

frá Vilmeiði,

en seiðberendr

frá Svarthöfða,

Sont Tous les Völur

issus de Witolf,

Tous les sachants (magiciens)

issus de Willharm,

Tous ceux qui chantent les seid

sont issus de Svarthöfða (« tête noire »).

Le Völuspá hin skamma est un poème dont on n'a que des fragments cités dans le Hyndluljóð de l'Edda poétique et le Gylfaginning de l'Edda en prose de Snorri Sturluson.

Dans Grógaldr (« L'incantation de Gróa »), on mentionne les conditions d'une initiation comme Volvo. Svipdagr est envoyé pour une tâche impossible par son marâtre Skaði, il doit trouver l'accès à la salle de Menglöd (Menglöd veut dire « celle qui possède un joyau », un kenning pour Freya, propriétaire du Brisingamen). Svípdagr demande alors de l'aide à sa mère décédée Groa, une Völva (« Éveille-toi, Gróa, Éveille-toi, excellente femme, Je t'éveille aux portes de la mort, […] »). Elle se réveille du monde des morts pour incanter neuf formules de protection et dit que même Skuld, l'une des Nornes, sera satisfaite de cela. Les neuf incantations sont chantées du « rocher de la terre ferme ». Elles consistent en :

- la liberté de toute pression, va ton propre chemin sans culpabilité (chant du bonheur que Rane chanta pour Rind) ;

- la maitrise de soi aux coups de tonnerre d'Urd (les vicissitudes de la vie) ;

- l'insensibilité aux courants puissants qui mènent au royaume des morts, les vagues iront à Hel (l'Enfer) ;

- l'aptitude de changer des ennemies en amis et de changer des traits de caractère négatif en positif ;

- l'épée magique qui brise toutes les chaînes ;

- l'aide des éléments de la nature ;

- la résistance au « froid glacé de la haute montagne » ;

- la protection contre l'ombre d'une femme chrétienne (Svipdagr est un homme) ;

- la connaissance des mots d'émotion pour un échange avec « le géant à la lance ».

Dans la saga d'Erik le Rouge, on raconte comment la Völva Þórbjörgr, ou Þorbjörg Lítilvölva, procède à un seiðr. Avant son arrivée, la maison est nettoyée de fond en combles. La grande chaise, habituellement réservée au maître des céans ou sa femme, était agrémentée de coussins. Quand la Völva entre la pièce, elle est saluée avec révérence par la maisonnée et conduite au haut siège. Là on lui présente un repas préparé pour elle uniquement. C'est un porridge de céréales et de lait de chèvre, et un ragoût fait avec le cœur d'un représentant de tous les animaux de la maison. Elle mange les plats avec une cuillère en cuivre et un couteau épointé.

La Völva est hébergée pour la nuit et le lendemain était réservé à sa danse. Pour danser le seiðr, elle a besoin de certains outils. D'abord, on lui a construit une plate-forme spéciale. Un groupe de jeunes femmes se mettent assises autour d'elle. Les jeunes femmes chantent une chanson spéciale pour appeler les pouvoirs avec laquelle la Völva désire communiquer.

Dans une loi islandaise du XIIIe siècle, on parle du seiðr comme útiseta at vekja tröll upp ok fremja heiðni (« útiseta (assis dehors) pour réveiller les trolls et pratiquer des rituels païens »). Cette activité y est punie par la peine de mort. Encore en 1854, on parle d'« une sorcellerie spécifique […] où le mage passe la nuit à l'air libre […] surtout pour prédire l'avenir. »

Dans la saga d'Erik le Rouge, qui a lieu au Groenland, la Völva apparaît dans un manteau bleu ou noir avec des pierreries incrustées sur le bord. Le manteau tombe jusqu'aux pieds. Dans sa main, elle tient le seiðstafr, celui-ci est en cuivre couverts de pierres semi-précieuses sur le haut. Dans le Örvar-Odds saga, la seiðkona porte aussi un manteau bleu ou noir et porte aussi un seiðstafr.

Dans la saga d'Erik le Rouge, on mentionne aussi un collier de perles de verre et un couvre-chef en peau de mouton noir et de chat blanc. Elle porte une ceinture avec un pochette contenants les outils du seiðr.

Elle porte des souliers de cuir de vachette et des lacets aux bouts cuivrés ; Elle porte des gants de peau de chat blanc, fourrure tourné vers l'intérieur.

Le seiðstafr est une quenouille, symbolique ou effective, en cuivre ou en bois. Cette quenouille est le bâton symbole du pouvoir magique du Völva. Celui qui est frappé avec ce bâton trois fois sur la joue perd ses souvenirs.

Des liens invisibles pouvaient être tissés entre le baume du métier à tisser et un être humain (guerrier par exemple). Quand une sorcière défaisait un nœud dans son œuvre, elle pouvait par exemple délier un membre d'un héros-guerrier (bras ou jambe). Cela fait aussi référence au « nouage de l’aiguillette » où l'on immobilise le membre viril. Quand elle faisait un nœud, elle pouvait arrêter l'avancée de l'armée ennemie, car, dans la mythologie nordique, c'est Freyja qui commença la première guerre. Il appartient donc aux völur de décider du début ou fin de la guerre par leur magie. C'est probablement la raison pourquoi Harald Ier de Danemark, en guerre contre l'empereur romain d'orient garde auprès de lui un völva à Fyrkat.

La quenouille fait ici référence aux Nornes et leurs pouvoirs magiques. Dans le Helgakviða Hundingsbana I, des femmes généralement interprétées comme des Nornes arrivent au berceau de Helgi Hundingsbane et lui tissent un avenir de Héros. Il est possible que ces personnages ne soient pas des Nornes, car elles ne sont jamais nommées comme telles, mais des Völur. Beaucoup de quenouilles trouvées dans les tombes ont une espèce de petit panier au sommet qui sert peut-être pour le filage du lin. Si l'on tient compte que le mot seiðr pourrait être traduit par « fil tissé avec une quenouille », pratiquer la magie peut être considéré comme tisser des fils spirituels.

La notion de « coté quenouille » (distaff side) était utilisée en Angleterre jusqu'au XIXe siècle pour indiquer le lignage maternel (fille de X, fille de Y). Pour le coté paternel on parlait de « coté de l'épée » ou « coté de la lance ».

La déesse qui s'occupe de magie est avant tout Freyja. C'est la déesse auquel on fait le plus référence quand on parle de Völur.

Freyja est identifiée ainsi dans la saga des Ynglingar et il y est aussi que c'est elle qui l'enseigna à Oðinn :

"Dóttir Njarðar var Freyja. Hon var blótgyðja. Hon kenndi fyrst með Ásum seið, sem Vǫnum var títt."

« Fille de Njǫrðr était Freyja. Elle présidait les sacrifices. Ce fut elle qui en premier présenta le seiðr aux Æsir car elle était déjà connu par les Vanir. »

Dans le prologue de l'Edda en prose, une Völva explique l'origine de la déesse Sif, femme de Thor. On y explique qu'elle fut une spákona (voir plus haut).

C'est Freyja qui a enseigné le seiðr à Odin. Même en tant que dieu guerrier, il est plus faible que Freyja dans la magie de la guerre. Dans le récit de Paul Diacre (plus haut), les Vandales s'adressent à Odin (Godan) pour obtenir la victoire mais les Lombards qui s'adressent par contre à Frea (Freyja/Frigg), à travers la reine mère, gagnent. Par contre, dans le Rúnatal, une section du poème Hávamál, la découverte des runes (et leur propriétés magiques) est attribuée à Odin. C'est donc un mage à part entière.

La disparition des prophétesses germaniques est liée à la christianisation : l'Église catholique romaine, l'Église d'Angleterre, l'Église luthérienne et l'Église réformée, secondées en cela par les autorités civiles, prirent diverses mesures à leur encontre, comme le montre cet extrait du Droit canon :

« Toute sorcière, toute conjureuse, tout nécroman ou toute prostituée manifestement infectée trouvée sur le territoire sera expulsée. »

« Nous demandons à chaque prêtre d'éradiquer le paganisme et d'interdire la wilweorthunga (culte des sources), la licwiglunga (nécromancie), la hwata (divination), la galdra (magie), l'idolâtrie et toutes les abominations pratiquées par les hommes comme sorcellerie, et frithspottum (culte des bosquets) avec des ormes et autres arbres, des alignements de pierre, et toute sorte de fantômes. »

Elles furent persécutées au cours de la christianisation, qui conduisit d'ailleurs à un confinement extrême du rôle des femmes dans les sociétés germaniques dès le XIe siècle.

Asatru :

Il y aurait une renouveau des traditions liés aux Völva dans les milieux Ásatrú (néopaganiste germaniques). Ces traditions liées aux Völur sont décrites par les écrivains américains Yngona Desmond, Diana Paxon, et Kari Tauring.

Le Godi:
Dans l'Islande médiévale, un goði (transcrit godi, pluriel goðar, godar) est un chef de clan, doté de prérogatives juridiques et religieuses. Ils apparaissent fréquemment dans les sagas islandaises (parfois présentés, de façon quelque peu anachronique, comme des sortes de Prêtres Païens ou des Druides Nordiques), certaines leur étant d'ailleurs consacrés, comme la Saga de Snorri le Godi, la Saga de Hrafnkell Godi-de-Freyr ou la Saga des chefs du Val-au-Lac.

Le mot goði est étymologiquement lié aux mots du vieux norrois goð et guð qui signifient « dieu ». Dans l'ancienne Scandinavie de l'ère des Vikings (du VIIIe siècleau XIe siècle), la religion consistait essentiellement en pratiques rituelles qui étaient dévolues aux chefs de clan ou de famille ; appelé pour la circonstance goði, c'était donc un dignitaire « chargé de prérogatives sacrées : à la fois célébrer les sacrifices et proclamer la loi ». Dans une religion (mot qui n'existe pas en vieux norrois) sans dogme ni doctrine précise, ils ne constituent cependant pas une caste à part. Ils sont parfois  assimilés à des druides ou des prêtres (comme le feront les sagas écrites par des clercs XIIe siècle au XIVe siècle, après plusieurs siècles de christianisation, en se fondant sur des exemples bibliques ou latins).

En Islande :

Les goðar, issus de la catégorie des grands boendr, les Storboendr (boendr, singulier bondi, désignant les paysans propriétaires libres) jouent un rôle prépondérant dans l'organisation de la société qui se forme pendant la colonisation de l'Islande (870-930), et notamment aux things, c'est-à-dire les assemblées saisonnières et en plein air des hommes libres. En 930, la communauté se donne des lois, et fondent l'Althing, auquel siègent 36 goðar (puis 39 à partir de 965), qui avec leurs conseillers forment l'assemblée législative, la lögretta, et nomment les jurys des affaires pendantes. Le goði vient au thing accompagné de ses thingmenn (singulier thingmaðr : « homme de thing »), qui reconnaissent son pouvoir et l'appuient dans les discussions, et dont le nombre détermine sa puissance et son influence.

Cette institutionnalisation va aboutir à la notion de goðorð, qui désigne le pouvoir du goði, ainsi que le groupe constitué du goði et de ses thingmenn. Si le goðorðest généralement attaché à un lieu ou à une famille, il n'est pas délimité géographiquement, et tout homme libre peut s'attacher par une sorte de serment d'allégeance au goði de son choix, et s'en séparer librement (il ne s'agit donc pas à proprement parler de vassalité). Le goði et ses thingmenn se doivent aide et assistance, ces derniers devant en outre l'hospitalité ainsi qu'une sorte d'impôt au goði pour qu'il se rende au thing, le « thingfararkaup qui pourrait bien recouvrir l'idée de hoftroll (terme ambigu et contesté, sens : dîme pour le temple), laquelle, elle aussi peut avoir eu cours dès les origines » ; Le goði doit assurer la paix parmi ses thingmenn, et fixe les prix des marchandises au port. Le goðorðsmaðr, c'est-à-dire le détenteur d'un goðorð (qui peut aussi être détenu à plusieurs), peut le vendre partiellement ou intégralement, et le transmettre à ses héritiers. Le goðord peut être possédé par une femme, même si le cas est rare. Selon les Grágás, si une femme en hérite, elle doit alors en confier la fonction à un homme.

Le goði a aussi une fonction religieuse (le droit relevant de toute façon du sacré dans la civilisation nordique), et il est possible que certains aient voué un culte à une divinité particulière comme l'indique par exemple le surnom Freysgoði, « goði de Freyr ». Par contre les sagas qui les présentent comme des prêtres chargés d'un temple, comme la Saga de Snorri le Godi ou la Saga de Hrafnkell Godi-de-Freyr, s'inspirent probablement de modèle littéraires bibliques ou latins, l'archéologie n'ayant rien retrouvé qui ressemble à un temple dans la civilisation nordique.

Il est vraisemblable, même si l'on n'en a pas la preuve, que le goði intervenait dans les rites qui accompagnaient les grands moments de la vie (naissance, mariage, funérailles) ou des saisons (rites d'équinoxes et de solstices) ; il est toutefois « tentant de considérer que cette notion a eu un retentissement plus juridique que réellement religieux », cette évolution allant de pair avec celle de goði à goðordsmaðr.

Après la christianisation de l'Islande en 999, le lien entre pouvoirs temporel et spirituel, qui assure la prééminence des grands boendr sur l'île, perdure, les goðar ou leurs fils se faisant prêtres (le célibat des prêtres n'étant pas encore imposé), et possédant les églises et les biens attenant : on a ainsi une goðakirkja, une « église des goðar ». L'adoption de la dîme en 1096, va leur donner un surcroît de richesse et de pouvoir, jusqu'en 1190 où est décrétée l'interdiction pour les clercs de posséder église ou goðorð,

Durant l'âge des Sturlungar (1220-1264), les dix-neuf principales familles de l'île vont se livrer à une lutte sans merci pour s'assurer la suprématie en rassemblant le plus possible de goðorðs, lutte qui aboutira à la perte de l'indépendance de l'État libre islandais au profit de la Norvège.
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